dimanche 3 juin 2012

il

Le mendiant

Comme tous les vivants il a reçu sa visite

Lui a tendu l’oreille s’est arrêté de courir en tous sens

Il a tendu les mains la manne y tombe jour après jour

Impossible de stocker de vendre de retenir

Alors il donne l’insaisissable

Ni or ni estime exposé sans armure

Il est libre de chanter

Le fils du roi

Aux portes de la cathédrale

Il offre le sourire de l’ange

Au creux de la mine

Il offre le vol du corbeau

Il marche semant des mots graines à picorer

Le poète

dimanche 27 mai 2012

le vieux héron dit toujours

Le chemin de traverse qui contourne l'abîme toujours
Se laissera trouver
La passerelle qui enjambe le ravin toujours
Se laissera inventer
Un chemin de sable doux apparaîtra au milieu des gravas de la vie
De nouvelles traces deviendront des routes solides
A force d’espoir
Et sur cette route viendront les compagnons vivants
Les pèlerins qui chemineront avec le vieux héron confiant

lundi 21 mai 2012

la peur


secouer la peur

qui fait rentrer la tête dans les épaules

qui rend raide la nuque

alors elle se brise et l’homme meurt

quand hurlent les loups

quand rugit le lion

fuir et courir vers le père

qui protège et pourvoie

ne pas courir de peur mais courir d’amour

pour celui qui est tout

il libérera

et sur les chemins

au milieu du tumulte des bêtes sauvages

alors chanter sa gloire

aux frères captifs

mercredi 2 mai 2012

la paix du hérisson

                                                            
Un hérisson écrasé

sur la route

dans l’élan du cœur le ressusciter

il ne ressuscitera pas évidemment

pourquoi évidemment

ses boyaux traînent sur la route

c’est dieu qui ressuscite

alors être un canal

dieu ressuscite le

prière péché

ordre inéquitable au nom de la mort injuste d’un hérisson

qui traversait la route

le vol du nom de dieu

qu’est ce qui cloche

ta vision tu es aveugle

tu es devant un mur de connaissances délirantes

mets toi devant un mur de neige

jusqu’à différencier un flocon de son voisin

alors dieu te souriras

et te donnera la paix du hérisson écrasé

jeudi 19 avril 2012

dans les larmes , dans les larmes

L’élève : Seigneur tu me tends un livre ouvert sur les pages de la vie.
Les personnages vivent, parlent. Je ne comprends rien. Pourtant je dois en tirer quelque chose.


Le maître : pourquoi t’étonnes –tu ? Comment veux-tu comprendre quelqu’un d’autre que toi ? Et en plus tu sais que tu ne te comprends pas non plus.


L’élève : alors je dois rester dans les ténèbres, renoncer à comprendre ?

Le maître : brûles tes fourvoiements dans le feu des ténèbres, renonce à comprendre.


L’élève : je renaîtrai ?


Le maître : dans les larmes, dans les larmes !

lundi 16 avril 2012

en riant en riant


Le trouver dans ma tête qui roule
Dans le vent qui souffle sans pitié
Dans le soleil qui chauffe avec violence
Dans le geste brusque du vivant
Dans la douce teinte de la colombe
Dans la nausée qui monte
Dans l’odeur de bois brûlé
Dans l’orange du camion
Dans le clapotis de la vague
Dans les hurlements des hommes
Dans le cri des femmes
Dans les pleurs des enfants
Dans la courbe du fossile
Dans le bleu le noir et le rouge
Dans le grincement des os
Dans le tic tac de l’horloge
C’est là qu’était la porte de sortie de ma prison
Je me suis enfuie sur le balancier de l’horloge
En riant en riant

mardi 10 avril 2012

Pâques d'herbes et d'oeufs




Du noir surgit le blanc
Eclatant étonnant



Du gris surgit le rouge
vivant et rugissant


Du bleu surgit le jaune
Ensoleillé étoilé



Du vert surgit l’arc en ciel
Des enfants en chocolat

chemin de faiblesse



Faiblesse jusqu’à ne pas relever la tête
Jusqu’à ne pas voir le soleil
Jusqu’à ne pas ouvrir les mains crispées
Quitter la route qui tourne en rond
Pour prendre le chemin qui monte vers le royaume
Alors la faiblesse deviendra douceur
Répandue sur les douloureuses terres d’alentour



samedi 7 avril 2012

mercredi 28 mars 2012

son bon plaisir



Si je ne le rencontre que dans les écritures
Alors il n’est qu’un héros de roman
Ou un grand homme un peu mort
Si je le cherche dans mes matins
Mes midis mes soirs
J’ai l’impression d’être sur le pont du chalut
Par mer forte je ne vois rien
Les vagues me noient
Après le grain
Le soleil me grille les yeux et la peau
Mes prochains s’agitent me sourient
Me grondent me menacent
Je ne comprends rien
Mais si souviens toi c’est écrit
Redeviens comme un enfant
Tu vois comme il te regarde
Oui je vois
Alors rien ne peut m’arriver
Qu’as-tu envie de faire
J’ai envie de lui faire plaisir

samedi 17 mars 2012

Sierre 13 mars 2012

Petits petits
Des tôles écrasées
Envolés dans la tendresse
Du Père


Petits petits
Dans l’horreur
D’amour entourés
Entrez dans le désespoir de vos parents
Venez les rassurer
Venez leur dire le doux bonheur
D’être là-haut


Petits petits
Bien aimés vos blessures guéries
Grandissez là haut tout près de nous


Petits petits
Bercez de Sa paix
l’inhumaine douleur de vos parents
Baisez les deux joues
Où coulent les terribles larmes de ceux qui vous aiment


Petits petits
Chantez nous dans la nuit
La paix des anges


Passants venez entrez
Dans la prière sans fin
De ces cœurs purs

mardi 13 mars 2012

le gardien de la prière

Il est de Nazareth
Celui qui garde dans son cœur
Ce qu’il vit
Ce qu’il ne comprend pas
Il est de Nazareth
Celui qui garde son cœur
Comme les chérubins
L’entrée orientale du jardin
Lances croisées
Il est de Nazareth
Celui qui par amour
Accueille le fils et le père
Dans la vigne vierge
Sur les collines de son cœur
Il est de Nazareth
Le gardien de la prière

vendredi 24 février 2012

la prière des messagers



Seigneur je porte une jolie vilaine cape
Faite de beaux tableaux de noirs desseins
De jolis airs décorent ses bords
Des cris et des hurlements la trouent en plein milieu
Elle est en lambeaux
Mais j’y pique des plastrons d’or
Elle ne tient plus chaud
Mais je la serre très fort
Ote la de mes épaules
Ote là je t’en prie
Alors je serai comme mort à la porte du jardin
Tu me baigneras dans le Jourdain
Tu me laveras tu m’engendreras
J’irai sur les routes de poussière
Vêtu de mon manteau de lumière
Le cœur chaud de ta vie
Annoncer la bonne nouvelle

mardi 21 février 2012

le ver de terre




Comme le ver travaille la terre en la mangeant
Manger le monde pour sa gloire
Manger le livre offert au prophète
Manger le pain de la vie quotidienne
Manger Son corps pour que le sang
Des bœufs et des hommes arrête d’abreuver les sillons
Puis laisser l’humble digestion se faire
De l’autre côté viendront forces paix et joie
A distribuer ici

dimanche 12 février 2012

parole mangée

parole écrite
n’est que trace des pas
de ceux qui vont
à la communion de la parole dite
de bouche d’homme pour le partage
dans la lumière

jeudi 9 février 2012

toujours plus haut

dans les rues de la ville
ne pas arriver à Lui demander de bénir ces pas
pourquoi
au premier étage d’une façade un ego
balance ses jambes dans le vide
en susurrant dans la nuit d’hiver
…niaiserie enfantillage…
alors lever les yeux
à l’étage du dessus
une belle dame tout de bleu et blanc vêtue
souriant en faisant signe de regarder plus haut
à l’étage du dessus
et là apercevoir la flamme des bougies
d’un candélabre posé sur le rebord de la fenêtre

mercredi 1 février 2012

sur le sable


Un grand prêtre de six ans
joue avec les galets
Fait des cercles de pierres
Des totems aux équilibres minutieux
Sourit
La vague la grosse vague
Monte sur la berge et emmène ses chef d’œuvres
Il sourit grand sacrificateur
Avec la mer pour la joie
De celui qu’il appelle le bon dieu
Il se lève et court à l’appel maternel du goûter

mardi 24 janvier 2012

la nuit tombe

La nuit tombe
les rochers blancs et les pins noirs qui parsèment la colline
sont des reposoirs pour le corps avide de prière couché à la terre
aspirant à la venue de l’esprit
chassant les oiseaux familiers et multicolores babillants ou invectivants pour préparer la venue du maître dont la force plie la chair et la douceur fait crier de joie l’âme
la porte de la nuit garde le secret

dimanche 15 janvier 2012

passerelle

faiblesse bénie

révérée comme don de dieu

qui devient une passerelle

où courir le rejoindre