samedi 31 décembre 2011

Noël



Qui est cet homme qui grelotte de froid
Mange les restes dans les poubelles
Qui entre ici dans le chaud foyer
Qui est capable de regarder ma part
Sortie toute brûlante du four et de ne pas la désirer
qui veut simplement sentir la chaleur de la pièce
où se tient une famille attablée
puis reprendre son chemin
il a écrasé la tête du satan
sous mes yeux et je ne le voyais pas
et il est reparti sur la route
depuis ce jour de Noël des siècles ont passés
et aujourd’hui sous la neige qui tombe
je l’ai revu et j’ai pris la route

mercredi 7 décembre 2011

le temps de la danse


Cruauté dans petits cailloux dans les chaussures
Gémissements et halètements du corps qui lutte
Côte à côte avec le basalte noir qui resiste à la pression
Du monde bouillonnant
Chercher le souffle si loin si profond
enfin rencontrer l’esprit
Alors rien ne saurait manquer
Les prés d’herbes fraîches poussent
Sur le trottoir gris
Dans le fleuve sale
L’eau du repos se met à couler
La froide pluie emperle les arbres
De gouttes de ciel
C’est le temps de la danse

dimanche 27 novembre 2011

la journée d'un croyant

Explorer lutter se terrer attendre
Entrer à petits pas ailleurs
Peu à peu les ailes se déplient
Les choses rapetissent
Voler auprès des hommes
Se rapprocher du rieur
S’éloigner du pleureur
Effleurer le tueur
Se poser et fredonner

joyeusement

jeudi 10 novembre 2011

le mot

Soleil de plomb soleil de vie
Contre les paroles qui noient fracassent caressent trompent mentent
Un mot porté par le sourire de la bouche qui le prononce
Un mot porteur de bonne nouvelle
De tout il y en a assez pour tous
Le mot qui donne du fond sans fond
Le mot qui venge à la fois caïn et abel
Le mot qui est verbe
Sur le sable purifié par le soleil
Sur la roche purifié par le gel
Il ricoche d’homme en homme
Et se pose trésor définitif
Sur celui qui a les mains vides
Et tendues vers l’invisible
amour

mardi 8 novembre 2011

l'important


Le ciel virait à l’orange
Il y aurait peut être de l’orage
Alors les ornières se remplirait d’eau
Il pataugerait dans les flaques
L’esprit sombre
Puis marcherait de nouveau à sec
Le bleu du ciel colorerait à nouveau son âme
L’important n’est ni le sec ni le mouillé
L’important c’est la marche
L’important c’est d’avancer
Dans la voie du désir

dimanche 2 octobre 2011

trois garçons tuèrent un chien


Le padre rattrapa les fuyards
Pourquoi lapider une bête innocente
La nuit il vient détruire nos plantations
Ce chien ne sort pas de son jardin
Si la nuit il sort nous l’avons vu
Pourquoi ne pas l’avoir tué dans votre champ
Silence
Il faisait nuit
Il fait nuit dans vos cœurs et dans votre tête
La jalousie a gagné
Silence
La pierre que vous avez lancée
Va venir vous frapper à votre tour
Silence
Non , non tu mens tu n’es pas de notre religion
Ma religion n’a rien à faire là dedans
Mais elle vous sauve la vie car elle me dit de vous pardonner
Silence
Une mauvaise pensée vous a empoisonné
Retirez la de votre coeur , regrettez
Maintenant vous savez
Je vous donne la paix
Les trois garçons passèrent devant lui les yeux baissés
Ils marchaient si doucement que la poussière
Ne s’élevait pas de leur pas
Le soleil déclinait le jour se terminai
t

mercredi 28 septembre 2011

le scarabée



Le matin le dieu du soleil levant
Traverse l’allée sa carapace de guerrier
Brillant du noir le plus profond
Le petit jardinier s’agenouille
Devant l’apparition
Et l’enferme dans une boite d’allumette

mardi 27 septembre 2011

la prière des couleurs

Mille mercis à vous mille soleils



Sortit des mille cœurs de ces femmes



Et de ces hommes de paix qui sont venus



Construire un refuge à sa gloire



Mille mercis aux mille couleurs nées



De ces vitraux pour guérir les souffrants les pleurants




les oubliés les torturés les proies d’abou al hol




Les enfants perdus les vieillards épuisés



Laisser les couleurs venir doucement




Délicatement caresse de plumes



laisser s'éffacer les stigmates les griffures les plaies



Se livrer à la réparation divine



Dans la litanie des mercis de plus en plus joyeux



Découvrir les bienfaits des couleurs filles de dieu



Merveilles offertes en abondance



A celui qui veut bien ouvrir les yeux



pleurer de joie dans ce berceau bleu ciel rose jaune soleil



Vert émeraude et rouge sang

lundi 19 septembre 2011

Fuite en Egypte



Mon enfant jamais je ne t’abandonne
Crois le très fort je suis là
Mère d’un homme je suis là
Ta sécurité est dans un paradis
Que tu ne soupçonnes pas
Tout près si près
Dans un coin de ta tête
Dans l’encoignure de ton cœur
Dans la chaleur de ton sang
Sa porte est toute petite
Mais je la tiens grande ouverte
Pour toi pour toute ta vie
Pour toute l’éternité
Je tends toujours sa clé
Je suis là dès que tu le désires
Désire la confiance la paix et la joie
Désire et tu trouveras le chemin qui mène
Au paradis
N’aie pas peur je marche avec toi
Fais ton chemin serpent et colombe
Mon fils bien aimé je ne t’abandonnerai jamais
Dans l’adversité reviens toujours à mon conseil
Je suis là je suis avec toi
Viens là où je suis
Au paradis au royaume
En ta terre je t’accompagne
Tu peux te reposer contre moi
A ton simple désir
Donne foi
La nuit fut douce et un léger vent le couvrit
Tendrement durant son sommeil.

dimanche 18 septembre 2011

le petit marchand de thé ambulant


Le pas dansant le petit marchand de thé
Parcourrait la route un chien blanc sur ses talons
Ceux qui le croisaient recevaient un don de lumière
Sans le savoir et repartaient plus légers
Il apprenait la vie et la mort
A même le sable

A même la cruauté
La peur lui tenait la main mais il ne la laissait pas
Décider du chemin
Il inventait sa vie chaque jour apprenait
La ruse et inventait la confiance souterraine
Il chantait avec le soleil pleurait avec la lune
Mangeait avec son chien
Chaque pas le rapprochait du paradis des
Grands enfants vous savez ceux
qui ont des corps d’hommes
et des cœurs d’anges.

mercredi 31 août 2011


Au bout d’un moment le sphinx se mit à rougir
Sa coiffe se parait de bleu et d’or
Le sable volait autour de lui
Les pyramides avaient disparu
Seul il affrontait une tempête
Et il dit au garçon venu le visiter
Avec son âme pure
Ne te laisse pas malmener par la peur
Elle te conduira là où vivent ses prisonniers
Ne pensant qu’à s’enrichir à boire et à paresser
Pour oublier leur couardise
Et leur souffrance
Ne l’écoute pas je t’en prie
Vois comme les hommes me laissent recouvrir par le sable du vent
Ils ne me regardent plus
Comment pourrai je les aider
Ton courage est au fond de ton cœur
C’est moi qui l’ai déposé à ta naissance
La peur éducatrice cherche à l’ensabler
A la recouvrir de ses déchets
Jusqu’à te faire oublier ton origine
Ton cœur est ton trésor
Il est fait pour te donner la vie
Sans discontinuer et la joie et la paix
Chasse la peur il te donnera toutes les forces nécessaires
Ne le laisse pas recouvrir par les distractions mensongères
Là est ton siège sois un roi mon fils
Tu es mon héritier
Prends ce que je te donne
Un cœur plein de forces pur de tout mal
Aimant sans distinction toute ma création
Ne te laisse pas piéger par les méchants
N’écoute pas qui te conseille de sauver ta vie au prix de celle des autres
Rejette tout ce qui te ferait oublier d’où tu viens
Et pourquoi tu es sur terre
Aime cultive entretiens ce que je t’ai donné
La terre et ses habitants
Ton cœur et mon cœur
Sois fier de tes origines
Ne te laisse pas entraîner là où tu ne veux pas aller
Travaille sans relâche aux deux versants de ton œuvre
Purifie tes mains
Chante mes louanges
Il ne t’arrivera rien que tu ne puisses surmonter
Enlève le sable qui recommence à me couvrir
Où que tu sois sur cette terre tu peux le faire
En me priant en enlevant le sable de la peur
Qui recouvre les pauvres hommes
Tu es guéris

mardi 9 août 2011

l'ange de l'église suspendue



Blanc
L’ange parcourait en chantant
En dansant le chemin de pèlerinage
Le long des murs de la suspendue
Chaque relique bénie remerciée
Chargée d’une nouvelle mission


Femme noire
vêtue de blancheur
L’ange s’évanouit toujours en souriant
Dans les escaliers de la suspendue

mardi 2 août 2011

le jardin de tante Nora

Premiers rayons du soleil
Les carottes et les salades dansent
En hommage à la vie
Dans le potager
Le garçon épelle les noms du vivant
Fait sa toilette avec les larmes de rosée
Il se prépare à vivre
Selon les conseils du soleil
Il regarde de toute sa force
avant de faire
Il ne bouge pas et se laisse enseigner
Petit sage petit pauvre
il écoute et demande du courage pour
ne pas avoir peur
du cœur pour grandir
de l’âme pour aimer
de l’esprit pour ne pas lâcher la main du soleil
un peu de sucre pour sourire
il joue avec le chien
Qui remue la queue devant la joie
De son maître

vendredi 22 juillet 2011

la chanson de l'orphelin

Laisser couler le fleuve


de douloureuses larmes


Inondant fertilisant


les terres sèches des cœurs


Bercement des sanglots


Monter dans la barque


La laisser dériver sur le fleuve


Vers le soleil levant


Là où la mère a fixé


son rendez vous de lumière

L’embrasser et laisser


le fleuve doucement sécher


Sous la caresse maternelle

Alors reprendre son chemin


sur la terre ferme


Avec sur l’épaule


son sac de velours rouge


La marche accompagnée


par le doux tambourinage


Et le murmure de la morte


Petit soldat de lumière

mercredi 13 juillet 2011

l'appel





Apprivoiser la houle de l’appel
Qui du minaret secoue l’air
Dans le chaud du jour
Dans le cristal de l’aube et
Dans la menaçante tombée de la nuit
Faire de ces sons une barque
Monter dans la barque
Et dans l’abandon parfait
Le laisser tenir le gouvernail
Offrande faite écouter monter
De soi le chant de gratitude qui court
Comme un petit enfant
A la rencontre de la grosse voix
De son père qui est assis en gloire
sur le chant du muezzin

lundi 11 juillet 2011

mardi 28 juin 2011

dit-il

-C’est bien
dit-il
C’est grand ménage chez toi
Tu débarrasses tu ranges
Tu dépoussières tu aères
Tu as jeté le sucre blanc
Je vais bientôt pouvoir emménager
Je viendrai avec mon fils
A trois nous ferons beaucoup de choses
Sur l’air du partage
Dit-il

samedi 18 juin 2011

après la pluie des évènements le bonheur de la liberté


après la pluie des évènements se rassembler
se sécher et aller taiseux et sans tarder chez le père pour l’écouter
apprendre à vivre pour le glorifier à partir du chemin avec les accidents les joies les embarras les douleurs à déposer à ses pieds
travail précieux vital qui oblige à cerner ce qui arrive à sortir du rêve
faire son paquet le remettre à ses pieds ne rien garder dans la poche
alors il dira et on obéira
en route vers la liberté du bonheur

mercredi 1 juin 2011

prier


Accepter de quitter la terre ferme
Monter dans la barque prendre la mer
Revêtir la tunique du combattant contre les forbans
Affronter les vents soufflant dans tous les sens


Pourquoi être effrayé
A l’instant où on a posé le pied dans la barque
Il était là allongé paisiblement à l’avant
La peur empêche d’entendre son souffle

Le regarder
Battement puissant de la joie
L’amour s’écoule de lui
Lavant les mensonges
Dans le cœur la tempête s’est apaisée

samedi 14 mai 2011

pas de mots pour le dire


Cheminer en enfer
Passer le gué au milieu du flot des larmes
Entrer dans le corps du serpent
Le traverser à l’inverse
Abandonnant les savoirs morts
Les faux délices les théâtres d’ombres
Puis enfin d’abandon en abandon
Le pas de plus en plus léger
Courant les collines de sommet en sommet
Viendra l’heure de la rencontre
Où la mort deviendra amor
La croix franchie



L’ange prend son envol


jeudi 28 avril 2011

la prière du moine Raton

la pluie laque la verdure

désaltère la terre

recolore le monde


se lisser les plumes sous les gouttes d'eau

plaisir de moineau

déplier ses feuilles, hisser ses bourgeons

plaisir de géranium

écouter tomber la pluie sur le toit comme les battements du coeur divin

plaisir de moine

dimanche 24 avril 2011

les mots de Pâques

Le soleil a fait taire les mots orphelins de leur créateur.Il a doucement lavé et baigné du baptême de la mort les imprécateurs qui vivent impunément dans mon intime conviction.


Ce matin les mots ressuscitent joyeusement dans mon cœur : ils n’ont plus double sens , pointes acérées, défenses hérissées, combinaisons louches, lourdeurs morbides. Ils naissent tout neufs dans sa main.


Avec la fauvette, le chat, la corneille noire, le sapin, les pigeons, l’eau du libre ruisseau, la prisonnière du robinet, le soleil mon père et avec mes frères et sœurs prisonniers, enfermés à double tour dans mon prochain, mon ami, mon ennemi, mon assassin.


Et en parlant comme des moineaux pardessus les haies, de cœur à cœur , les chaînes tombent, avec fracas des combats éclatent…


Les prisonniers se libèrent, les aveugles voient, les sourds entendent. La volée de cloches acclame la vie.

Levant les yeux des carreaux du carnet j’aperçois l’hortensia aux violets changeant, offrant le trésor de ses couleurs à qui veut les boire…

vendredi 25 mars 2011

Cristophe Colomb

jouer
jouer avec le vent qui coiffe de la même manière rois et manants
avec la lumière qui dessine inlassablement la vérité
taquiner le bourdon travailleur
suivre cérémonieusement la horde de punaises masquées
qui rendent un hommage orgiaque au soleil
lever les yeux au ciel
et ressentir ses vertiges de grand huit
danser sur le sable
sarcophage de coquillages et de sphinx
parce qu'aujourd'hui
Cristophe Colomb a découvert l'amour

mercredi 16 mars 2011

le rêve

l'enfant si impatient d'être grand
l'adulte si désappointé par sa vie
quelque fois
le vieillard juste avant de mourir
entre dans le vrai

mardi 15 mars 2011

un coeur sur le chemin

une pierre
elle est encore là
sertie dans la terre par
les roues qui ont roulé sur elle
les pieds qui l'ont piétinées
les cannes qui l'ont heurtée
l'eau de pluie qui a ruisselé
vaillemment elle s'offre à la conversation
prête à introduire le passant qui la regarde
dans le royaume

lundi 21 février 2011

le nouvelle robe

découper la cotte de maille
des rangs entiers lâchent d’un coup
des pans de ténèbres tombent sous les ciseaux
des incrustations de marigots coassant s’écoulent
les grouillements qui courraient sur le corset d’or s’enfuient
l’or lui-même se craquèle et part en poussière de paillettes
dans le souffle du vent léger

se baigner dans la source qui jaillit du cœur de la montagne
et mettre
sa robe du printemps qui renaît
faite de semis de fleurs des prés
un cerceau de jonc souple et vert la tient souple et dansante
peuplée d’oiseaux qui chantent le bénédicité
et les grâces tout au long du jour
des prairies qui la recouvre tombent des semences d’herbes folles, de blé nourrissant et de fleurs à fruits
insectes travailleurs et rongeurs occupés
éclairant du soleil de l’aube le chemin
sur lequel j'ai été posée le jour de ma naissance

mardi 15 février 2011

si

si dans la carriole il y a
le ciel la lumière l’amour
la liberté la paix la joie
la vie
alors elle est tirée par
la gratuité

dimanche 13 février 2011

les parts-dons


le laboureur a labouré
le semeur a semé

ils ont regardé le blé pousser
le moissonneur a moissonné

la moisson a été divisée en parts
la part retenue la part vendue
la part à glaner la part des souris
la part des oiseaux
la part réservée pour la farine
des pains multipliés à Tibériade

sous les parts se cachaient les dons

vendredi 11 février 2011

les bonnes adresses

77 ruelle des mercis
Sagesseville
royaume des cieux

jeudi 10 février 2011

à ce compte là chaque jour n'est-t-il pas une fête ?

Apprendre chaque jour apprendre
Chercher des solutions

Mais pas seul
Lui demander la bonne
selon sa volonté

Relire revoir visiter ouvrir son cœur
A sa présence comme si la vie en dépendait
Et la vie en dépend
Ecouter assimiler progresser
A ce compte là chaque jour n’est il pas une fête
Le cœur est fait pour vibrer
Puis se reposer dans la paix
Quel repos y a-t-il dans la confusion
Quand s’ouvre une plage de paix dans le cœur
vite y aller délasser le corps aussi
fatigué des tribulations
reprendre des forces
ne pas laisser passer l’occasion
sous prétexte d’essayer les nouveaux bœufs pour les labours

vendredi 4 février 2011

prête moi tes ailes

prête moi tes ailes l'ange
pour que je me détourne de moi
que je glisse libre sur le souffle
de sa volonté

mardi 25 janvier 2011

message d'Adam, de Job, de Zac, de Paul ...et des autres

Ne plus voir
être aveugle ou aveuglé
s'en rendre compte
accepter
attendre
que vienne le temps de la révélation
du voile qu'il ôte de dessus la création
pour enfin le voir
et tomber en amour

jeudi 20 janvier 2011

jalons

Tout au long du jour
Construire des chapelles des oratoires
Découvrir des grottes des sommets sous la neige
Des cathédrales des églises des chemins de pèlerinage
Où prier l’unique
*
Deux piquets et une couverture
Pour s’asseoir dessous le chercher l’attendre
Dans la chapelle des favelas

Ou s’embarquer dans un coup de vent
Se laisser dériver à sa rencontre
Sur la barque où il dort

Ou se perdre dans une couleur rouge intense
Bleu délavé jusqu’à sentir le froissement des ailes
De son messager
Dans l’oratoire aux vitraux de lumière

Ou s’asseoir entre les lignes du journal
Se faire tout petit pour ne pas écraser
Les lettres et entre les rangs repiquer
Les plants d’œillets de muguet de pensées
récoltés tout le jour et mis
Dans le panier de la chapelle des mots
Ou caresser le chat et ronronner une prière
Dans la grotte de la source

Ou manger le pain et le beurre
En buvant toutes sortes de bénédictions
A la table des miettes

Ou dessiner de beaux portraits en gommant la colère
L’envie la violence qui gâchaient l’esquisse
Alors sourire à la belle personne qui a posé
Dans l’église du coin de la rue

Ou poser la tête sur l’oreiller
Qui va servir de piste pour l’envol
Dans la nuit de sommeil en encensant de prières
les verts paradis de l’enfance

Ou dérouler le fil de fer barbelé des
Commandements qui empêchera les loups
D’entrer dans le pré de vie
Devant le mur des icônes

Ou humer une trainée de parfum la chevaucher pour
Regarder d’en haut le spectacle du monde
Dans la cathédrale des airs

Ou monter sur le dos d’une mésange
Pour aller à la recherche
D’une graine de prière tournée vers le soleil
Sur le chemin du pèlerin

Ou se jeter dans le rose et l’orange du soleil
A son lever qui baigne la terre de sa bénédiction
Dans les travées rosies de la basilique des visage

Ou......A compléter

jeudi 13 janvier 2011

litanie des dons


Recevoir c’est renoncer à prendre
Renoncer à prendre c’est se mettre en danger de manquer
Se mettre en danger c’est s’ouvrir à l’humble partage
Partager c’est donner sa confiance
Faire confiance c’est refuser la force
Renoncer à la force c’est accueillir la douceur
Vivre la douceur c’est entrebâiller la porte du royaume
Entrebâiller la porte du royaume c’est voir l’autre
Voir l’autre c’est voir les autres
Voir les autres c’est revoir ce mystère enfoui dans le cœur
Revoir ce mystère c’est recevoir paix et joie
*
Alors monte dans l’âme le magnificat

samedi 8 janvier 2011

bonne année


L’ange se promenait dans la campagne
Courant de ci de là derrière la bergère
Qui avait un gros chagrin
La petite s’assit sur un muret sous un châtaigner
Des confettis de neige tombaient délicatement
L’ange eut une idée
Il se percha sur une branche au-dessus d’elle
et la réchauffa de toutes ses forces
Il faisait chaud comme en plein été
En plein été quand le fiancé avait fait de belles promesses
Elle pleura de plus belle
Dépité l’ange laissa tomber ses ailes
La bergère au léger souffle d’air leva les yeux
Elle vit un sourire perché sur la branche
La conversation s’engagea
La bergère s’exerça à recevoir dons et grâces
En dansant
Tout l’hiver elle détourna ses regards du monde
Pour disparaître dans le secret d’un froissement d’ailes
Au printemps la bergère avait chaussé les humbles sandales
De ceux qui prennent la route
A l’été les bras grands ouverts elle recueillait la rosée
Qu’elle donnait à ceux qui le voulaient
En automne elle se prépara soigneusement
En hiver elle partit mourir sur le muret sous le châtaigner